Hagenes leur fait le Tours du kilomètre !

11 octobre 2026 - 17:10

L’imprévisibilité n’est pas la signature de Paris-Tours par hasard, et la 120e édition en a encore fait la démonstration. Douze hommes ont d'abord tenté leur chance en s'échappant dès le départ de Chartres, avant d'être progressivement repris par le peloton des favoris. Les attaques n'ont ensuite cessé d'animer la dernière partie de course, à l'initiative d'hommes comme Pierre Gautherat ou son coéquipier Paul Lapeira (Decathlon CMA CGM). Ils étaient encore onze à pouvoir se disputer la victoire à l'entrée dans la cité tourangelle, une fois les neuf côtes et dix chemins de vigne mis derrière. Per Strand Hagenes (Visma-Lease a Bike) était le plus inspiré d'entre eux. Parti juste avant la flamme rouge, le Scandinave a ensuite résisté au retour du Belge Jasper Stuyven (Soudal Quick-Step), déjà troisième en 2021. Lauréat de Paris-Tours Espoirs en 2022, Hagenes triomphe sur la course Élite à l'âge de 23 ans. Son coup du kilomètre lui permet aussi d'écrire l'histoire en devenant le premier Norvégien à l’emporter. Vainqueur en 2024, deuxième l’an dernier, le Français Christophe Laporte (Visma-Lease a Bike) complète le podium et décroche son troisième d'affilée.

Paris-Tours 2026 - Le Résumé Long

À qui le Tours ?

La 120e édition de Paris-Tours s’élance sous le ciel nuageux de Chartres, ville-départ pour la 11e fois depuis sa première introduction en 2009. Un peloton de 165 coureurs, représentant 22 nationalités, s’attaque à un défi de 216,2 kilomètres dont 10,5 km à parcourir sur dix chemins de vigne. Ceux-ci, ainsi que les neuf côtes répertoriées, se trouvent dans les 70 derniers kilomètres du parcours. « Cet enchaînement, c’est une grande machine à laver », introduit le directeur de l’épreuve, Cédric Coutouly, soulignant une imprévisibilité devenue la signature de la course.

« C’est difficile de se replacer, de retrouver ses équipiers, de s’entendre pour faire une chasse derrière une échappée… C’est ce qui fait la force de ce nouveau final. Les côtes sont courtes, la plus longue fait un kilomètre. La résistance est mise à l’épreuve par la fatigue engendrée par cette accumulation de chemins et de côtes, mais les sprinteurs ont leur place. C'est toujours un match entre les derniers attaquants et les sprinteurs, même avec l'ancien parcours. C’est la neuvième année avec les chemins de vigne, on commence à être rodés. C’est une course aussi ouverte aux sprinteurs qu’aux baroudeurs et aux attaquants. » Alors, à qui le Tours aujourd'hui ?

Douze hommes dans l'échappée

Les offensives débutent dès la sortie de Chartres, et les premiers attaquants forment rapidement l’échappée du jour. On y trouve le Suédois Jakob Soderqvist (Lidl-Trek), le Suisse Stefan Bissegger (Decathlon CMA CGM), le Belge Yves Lampaert (Soudal Quick-Step), le Norvégien Storm Ingebrigtsen (Uno-X Mobility), l’Allemand Jonas Rutsch (Lotto Intermarché), les Néerlandais Julius van den Berg (Picnic PostNL) et Martijn Rasenberg (Unibet Rose Rockets), l’Espagnol Estanislao Calabuig (Caja Rural-Seguros RGA), ainsi que les Français Matis Louvel (NSN), Paul Ourselin (Cofidis), Romain Cardis et son coéquipier Simon Guglielmi (St Michel-Preference Home-Auber93).

Les douze hommes prennent jusqu’à trois minutes d’avance, écart maximal observé à l'approche du cap des cent kilomètres, avant que le peloton ne se mette en marche. On observe à l’avant les Tudor du tenant du titre Matteo Trentin, mais aussi les Netcompany Ineos de Dorian Godon. L’écart descend à un peu moins de deux minutes dans la première côte, celle de Cangey (km 148,2). La cadence est élevée : 48,6 km/h de moyenne après trois heures de course. La différence diminue encore et approche la minute lorsqu'une chute collective se produit à 50 kilomètres de l’arrivée. Godon, Arnaud De Lie (Lotto Intermarché) ou encore Alessandro Romele (XDS Astana) font partie des hommes piégés.

© A.S.O./Quentin Joly
11/10/2026 - Paris-Tours Elites - Course
11/10/2026 - Paris-Tours Elites - Course

Les favoris se dévoilent

Ce premier tournent en provoque d'autres devant. La course s’emballe une première fois à l’initiative de Lewis Askey (NSN), deuxième en 2023, avant que le peloton ne temporise pour favoriser le retour des coureurs tombés. Cela permet à l’échappée de reprendre une minute d’oxygène à Chançay (km 173,5), à une quarantaine de kilomètres de la ligne. Ils ne sont toutefois plus que cinq rescapés à l’avant : Van den Berg, Louvel, Bissegger, Ingebrigsten et Lampaert.

Relativement courte mais sévèrement pentue (400 mètres à 11 %), la côte de la Rochère (km 190,1) est choisie par Jenno Berckmoes (Lotto Intermarché) pour scinder définitivement l'avant-garde du peloton en plusieurs groupes. Une accélération du Belge fait craquer certains des meilleurs sprinteurs, à l’image de son compatriote Tim Merlier (Soudal Quick-Step). Le tenant du titre Trentin est encore là, mais c'est un incident mécanique qui mettra fin à ses espoirs quelques minutes plus tard.

L’échappée n’a plus qu'une quinzaine de secondes sur ses poursuivants lorsque Pierre Gautherat (Decathlon CMA CGM) passe à son tour à l’offensive dans la côte de la Vallée Chartier (km 195,5). Le Français avale les leaders à 20,5 kilomètres de l’arrivée, puis part en solitaire. Le lauréat de Paris-Camembert s'isole mais ne creuse pas un écart suffisant. Il est ensuite repris par son coéquipier Paul Lapeira et Per Strand Hagenes (Visma-Lease a Bike), avant que le reste des favoris ne revienne dans leur sillage.

11/10/2026 - Paris-Tours Elites - Podium
11/10/2026 - Paris-Tours Elites - Podium © Gaetan Flamme

Le coup du kilomètre

Lapeira, Hagenes, Askey, Christophe Laporte (Visma-Lease a Bike), Jonas Abrahamsen (Uno-X Mobility) et Thibaud Gruel (Groupama-FDJ United) tentent une ultime fois de faire la différence dans la côte de Rochecorbon (km 207,4), la dernière du parcours. Là-encore, les résistants sont costauds : Florian Sénéchal (Alpecin-Premier Tech), Toms Skujins (Lidl-Trek), RasmusPedersen (Decathlon CMA CGM), Jasper Stuyen (Soudal Quick-Step) et Matys Grisel (Lotto Intemarché) viennent les rejoindre pour former un groupe de onze costauds. Ce sera le groupe final.

Si quelques accélérations fusent à l’entrée dans la cité tourangelle, le round d’observation dure. Se savant condamnés en cas d'arrivée au sprint, Skujins et Stuyven tentent finalement de prendre les choses en main à l'approche du boulevard Béranger. Le Belge réitère mais il est finalement surpris – et dépassé – par Hagenes, passé à l’attaque juste avant la flamme rouge.

Le plus inspiré des onze se révèle aussi être le plus fort : quatre ans après son succès sur Paris-Tours Espoirs, le Scandinave remporte la course Élite et devient le premier Norvégien à s'imposer ici. Il devance Stuyven qui décroche son deuxième podium(après avoir fini troisième en 2021, et Laporte qui empoche son troisième trophée d’affilée (déjà vainqueur en 2024 et deuxième l’an dernier).

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