Matteo Trentin : « J'espère que ce sera la bonne »
8 octobre 2026 - 16:02
Est-il possible de remporter Paris-Tours par quatre fois ? Gustave Danneels (1934, 1936, 1937), Guido Reybrouck (1964, 1966, 1968) et Erik Zabel (1994, 2003, 2005) ont échoué à le faire, tandis que Paul Maye (1941, 1942, 1945) n'en a pas eu l'opportunité. Matteo Trentin (2015, 2017, 2025) s'attaque à son tour au défi du record ce dimanche, un an après sa dernière victoire obtenue sur le boulevard Béranger. Ayant déjà gagné en sprinteur comme en baroudeur, l’Italien de l’équipe Tudor s’est préparé à tous les scénarios, sur ce qu’il décrit comme « une course très complète sur le plan technique ».
Un an après votre victoire à Tours, comment abordez-vous cette édition 2026 ?
« C’est ma dernière victoire en date, malheureusement pour moi car cela veut dire que je n’ai plus gagné depuis. Mais il semblerait que la série de blessures subies après ma clavicule cassée [début avril lors du Tour des Flandres 2026] soit enfin derrière moi. J’espère donc que cette course sera la bonne ! »
C’est votre huitième participation à Paris-Tours. Le faire en tant que tenant du titre change-t-il quelque chose ?
« Non, mais s’aligner en tant que tenant du titre, c’est avoir le numéro 1 dans le dos. Et ça, c’est toujours une bonne chose ! »
Une quatrième victoire ici ferait de vous le recordman de la course. À quel point est-ce important pour vous ?
« Je dois dire que je n’y pense pas vraiment, mais le premier objectif est de gagner la course, et c’est en y arrivant que [le record] se concrétisera. La principale motivation est de l’emporter ce dimanche, et si on peut le faire, alors le record sera comme un grand extra, un très bon bonus. »
Vous avez gagné dès votre première venue en 2015. Qu’est-ce qui est mieux pour performer : la fougue de la première fois, ou l’expérience des sept participations ?
« La première fois que j'ai gagné, je ne pouvais pas m'appuyer sur une expérience préalable de la course, donc maintenant je l'utilise. C'est assurément une épreuve difficile à remporter, surtout si le vent ne souffle pas fort en début de course, car il faut alors être très performant sur tous les secteurs de chemins de vigne, tout en gardant des forces pour le final. C'est donc une course très complète sur le plan technique. »
L’équipe a le vent en poupe, avec notamment deux victoires à La Vuelta. Paris-Tours, n’est-ce pas la course idéale pour continuer sur cette lancée ?
« Oui, c’est vrai que le moral est au beau fixe et les résultats ont fini par arriver en fin de saison, alors pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? »
Le parcours de Paris-Tours a changé, de même que votre carrière qui s’est tournée vers un profil de chasseur de classiques. Peut-on comparer les deux ?
« Le cyclisme a évolué, tout comme la course elle-même et le coureur que je suis aujourd’hui. Je pense qu'il est parfois bon de changer. Je dis souvent que je préfère l'ancienne version, car disons qu’elle avait ce côté un peu plus “classique”. Mais au bout du compte, j'ai gagné dans les deux versions. Je ne peux donc pas dire que le parcours ne correspond pas à mes caractéristiques ! »