Les infos à J-1

10 octobre 2026 - 18:07

  • La 120e édition de Paris-Tours, dont le départ sera donné ce dimanche à 11h55 à Chartres, propose un tracé de 216,2 kilomètres comprenant neuf côtes et dix chemins de vigne dans les 70 derniers kilomètres. Le Race Center ouvrira dès 11h25. L'épreuve bénéficiera d'une couverture télévisée de 2h20, à partir de 15h sur France 3, HBO Max et Eurosport 2.
  • Matteo Trentin aspire à un quatrième succès qui ferait de lui le seul recordman de la course. Il devra vaincre les sprinteurs visant un premier bouquet, comme Tim Merlier qui a « spécifiquement demandé à participer » pour se tester sur les chemins de vigne, Arnaud De Lie ou Soren Wærenskjold.
  • Dernier lauréat français en 2024, Christophe Laporte vient pour « essayer de gagner à nouveau ». Il est l’une des meilleures chances nationales avec Dorian Godon, déjà vainqueur cette semaine. « Tout peut arriver sur Paris-Tours », prévient Bastien Tronchon, l’un des nombreux outsiders d’une course « aussi ouverte aux sprinteurs qu’aux baroudeurs et aux attaquants ».

PARIS-TOURS « AUSSI OUVERT AUX SPRINTEURS QU’AUX BAROUDEURS »

Dix chemins de vigne sont au menu de la 120e édition de Paris-Tours. Un de plus qu’en 2025, celui du Château de Valmer (n°7) pouvant être à nouveau emprunté après des travaux à proximité. Le programme reste globalement fidèle à celui des années précédentes, avec neuf côtes et 216,2 kilomètres (dont 10,5 km sur les chemins) à surmonter jusqu’à l’arrivée.

Le directeur de l’épreuve, Cédric Coutouly, prévient : « Le parcours se prête à ce que la course soit lancée tôt. La première partie est plutôt plate et propice aux bordures, mais le vent n’est pas annoncé élevé, donc ça va s’accélérer à partir de la côte de Cangey, à environ 70 kilomètres de l’arrivée. On parle des chemins de vignes, mais les côtes y sont pour beaucoup : l’enchaînement des neuf côtes et dix chemins dans les 70 derniers kilomètres, c’est une grande machine à laver. C’est difficile de se replacer, de retrouver ses équipiers, de s’entendre pour faire une chasse derrière une échappée… C’est ce qui fait la force de ce nouveau final. »

Ces ingrédients renforcent le caractère imprévisible de l’épreuve, la signature de Paris-Tours. « Les côtes sont courtes, la plus longue fait un kilomètre. La résistance est mise à l’épreuve par la fatigue engendrée par cette accumulation de chemins et de côtes, mais les sprinteurs ont leur place », poursuit-il. « C'est toujours un match entre les derniers attaquants et les sprinteurs, même avec l'ancien parcours. C’est la neuvième année avec les chemins de vigne, on commence à être rodés. C’est une course aussi ouverte aux sprinteurs qu’aux baroudeurs et aux attaquants. »

TRENTIN, UNE HISTOIRE À PARACHEVER

Triple-vainqueur et tenant du titre (2015, 2017, 2025), Matteo Trentin (Tudor) a connu les deux versions de Paris-Tours, gagnant à la fois sur l’ancien et le nouveau format. L’Italien n’a plus levé les bras depuis son succès obtenu sur le boulevard Béranger il y a un an. Renouer avec la victoire lui permettrait de tourner la page des blessures subies au printemps, tout en devenant l’unique recordman de la course avec quatre victoires – il le partage aujourd’hui avec Gustave Danneels (1934, 1936, 1937), Paul Maye (1941, 1942, 1945), Guido Reybrouck (1964, 1966, 1968) et Erik Zabel (1994, 2003, 2005).

« Le premier objectif est de gagner la course, et c’est en y arrivant que [le record] se concrétisera. Paris-Tours 2025 est ma dernière victoire en date, malheureusement pour moi car cela veut dire que je n’ai plus gagné depuis. Mais il semblerait que la série de blessures subies après ma clavicule cassée [début avril lors du Tour des Flandres 2026] soit enfin derrière moi. J’espère donc que cette course sera la bonne ! », confie-t-il. À 37 ans, Trentin est aussi l’un des vétérans de Paris-Tours, qu’il dispute pour la huitième fois depuis 2015. « C'est assurément une épreuve difficile à remporter, surtout si le vent ne souffle pas fort en début de course, car il faut alors être très performant dans tous les chemins de vigne, tout en gardant des forces pour le final. C'est une course très complète sur le plan technique. »

MERLIER ATTIRÉ PAR UN NOUVEAU DÉFI : « J’AI SPÉCIFIQUEMENT DEMANDÉ À PARTICIPER »

Tim Merlier (Soudal Quick-Step) approche la barre des 80 victoires professionnelles, mais s’imposer sur un terrain de jeu comme celui de Paris-Tours, mêlant asphalte et chemins, serait une première. « J’ai eu quelques podiums sur ce genre de course [mais pas encore de victoire]. J’espère être sur la plus haute marche dimanche ! », lance-t-il. Le Belge est l’un des meilleurs sprinteurs au monde, comme en témoignent les trois bouquets obtenus sur le dernier Tour de France, mais Paris-Tours représente pour lui un défi unique.

« C’est la première fois que je participe. J’ai spécifiquement demandé au team de m’aligner pour voir ce qu’il serait possible de faire cette année ou dans les années à venir. C’est une course où il est difficile d’envisager seulement l’objectif [de finir] au sprint. Nous devons être forts en tant qu’équipe et, à l’approche des derniers secteurs, décider pour qui nous roulerons dans le final. » Un succès de Merlier mettrait fin à une disette anormalement longue pour la Belgique, qui n’a plus gagné depuis Jelle Wallays en 2019. Il fait partie des meilleures chances de son pays avec, entre autres, Arnaud De Lie (Lotto Intermarché), après le forfait de dernière minute de Jasper Philipsen (Alpecin-Premier Tech).

LAPORTE EN RECONQUÊTE : « IL FAUT SAVOIR ÊTRE OFFENSIF »

Vainqueur en 2024, Christophe Laporte (Visma-Lease a Bike) est passé à quelques centimètres de doubler la mise l’an dernier (2e). « J'approche cette nouvelle édition avec pas mal d'ambition. Je me sens bien en cette fin de saison, c'est une course qui m'a bien réussi ces dernières années, donc je vais essayer de gagner avec l'équipe », annonce le Varois avant sa tentative de reconquête. Quels sont les secrets pour performer en Touraine ? « C’est une course difficile. L'un des points les plus importants est de ne pas avoir de crevaison ou un autre [problème]. La chance joue un rôle, mais pour le reste, ce sont les jambes qui parlent. Il y a pas mal de montées et de secteurs qui s’enchaînent, il faut savoir être offensif pour créer du mouvement. C'est ce que j'ai fait les dernières années et ça avait fonctionné, mais ça ne veut pas dire que ça va être le cas cette année. »

Le dernier français vainqueur à Tours est aussi l’homme le plus expérimenté du peloton 2026, à la veille de sa 12e participation. « Paris-Tours a pas mal changé par rapport à mes débuts ; avant il y avait un final classique, maintenant il y a des chemins. L’expérience joue toujours, mais pas spécialement pour le fait d'avoir participé onze fois : ce sont plus les années dans le peloton professionnel, mon expérience en général, qui peuvent jouer pour prendre les bonnes décisions dans le final. »

DORIAN GODON SUR SA LANCÉE

Christophe Laporte est l’un des grands espoirs français, mais pas le seul ; Dorian Godon fait partie des autres hommes à suivre. Certes, Paris-Tours n’a jamais franchement réussi à la formation Netcompany Ineos, dont le dernier (et seul) top-10 ici remonte à 2011 – Ian Stannard 4e à l’époque du Team Sky. Le Britannique fait aujourd’hui office de directeur sportif, et espère que ses hommes vont suivre ses traces ici. Il dispose pour cela de coureurs comme Ben Turner, Tobias Foss ou encore Godon. Ce-dernier a rapporté par moins de sept victoires à l’équipe cette année, la dernière en date pas plus tard que jeudi au Tour du Piémont. « Dorian est l’un des plus sérieux prétendants, il connaît bien cette course et il est impatient », confie Stannard. « L’idéal serait une arrivée avec un petit groupe, mais nous avons quelques options pour différents scénarios de course. Les secteurs de gravel sont clés dans cette course. On veut bien finir la saison et être dans la bagarre pour la victoire. »

TRONCHON PRÉVIENT : « TOUT EST POSSIBLE SUR PARIS-TOURS »

Lauréate pour la dernière fois avec Arnaud Démare en 2022, cinquième avec Thibaud Gruel l’an dernier, la formation Groupama-FDJ United vient pour « ramener la victoire à la maison », sourit Bastien Tronchon. Le Savoyard découvre Paris-Tours mais il est l’une des meilleures cartes de l’équipe, après avoir notamment remporté le Tro Bro Leon 2025 entre route et chemins, ainsi qu’une étape de La Vuelta en septembre. « Je suis motivé et prêt. La différence avec le Tro Bro Leon est que les secteurs de gravel arrivent plus tard ici ; je pense que ça va me plaire et on a une très belle équipe pour ça. Ça m’inspire et j’ai hâte. Tout est toujours possible sur une course comme Paris-Tours, car avec les secteurs de gravel il peut y avoir beaucoup d’incidents, surtout avec les bordures en début de course. Il peut se passer beaucoup de choses et on est en fin de saison, beaucoup de coureurs sont fatigués. Il faut tout prendre en compte et saisir les opportunités. »

UNO-X MOBILITY AVEC « DES COUREURS POUR CHAQUE SCÉNARIO »

L’équipe Uno-X Mobility coche les cases les unes après les autres ces dernières années. Celle de Paris-Tours est encore sur sa liste, malgré un podium (Tobias Johannessen en 2023) et deux bouquets chez les espoirs (2021 et 2023). Gagnante sur les trois Grands Tours cette saison, la formation norvégienne aligne un effectif aux profils variés, emmené par le sprinteur Soren Wærenskjold et appuyé par des baroudeurs comme Jonas Abrahamsen. « On a eu une bonne dynamique ces dernières semaines, avec des coureurs qui sont toujours frais et motivés. On va tout donner pour terminer la saison de la sorte sur Paris-Tours », introduit le directeur sportif, Max Korner.

« C’est une arrivée compliquée, complexe, avec beaucoup de scénarios possibles. Je pense que notre collectif nous donne une base solide pour les différentes façons dont la course peut se dérouler, mais nous devrons aussi nous fier un peu à l’instinct des coureurs dans le feu de l’action. Le final peut réserver quelques surprises. Par exemple, la course convient généralement à un coureur de classiques ou à un sprinteur polyvalent, mais notre podium de 2023 a été décroché par notre meilleur grimpeur. C’est une dynamique intéressante où les jambes, la tactique et les qualités techniques jouent toutes un rôle. On a déjà gagné chez les espoirs et j’espère pouvoir faire de même sur la course élite cette année. »

CHEZ NSN, UN DUO AMÉRICANO-BRITANNIQUE PRÊT À RÉITÉRER SON EXPLOIT DE 2023

La formation NSN arrive avec de grandes ambitions, forte de coureurs ayant déjà brillé sur la course. En 2023, Riley Sheehan a marqué l'histoire avec son ancienne équipe en devenant le premier (et seul) Américain à l'emporter. C'était alors une victoire surprise en tant que stagiaire, quelques semaines après avoir rejoint le peloton professionnel, devançant de justesse celui qui est aujourd'hui son coéquipier chez NSN, Lewis Askey. « C'était génial de débuter ma carrière pro en sachant que je suis capable de gagner de grandes épreuves », se souvient Sheehan, déterminé à réitérer cet exploit malgré la fatigue accumulée au cours d'une longue saison. « J'aborde la course avec des objectifs élevés. Évidemment, je pense avoir placé la barre haut dès la première fois, donc oui, je vais toujours essayer de courir pour gagner. » Le Nord-Américain souligne également l'importance du placement sur les chemins de vigne : « Je pense que c'est dans ces secteurs que l'on peut, peut-être pas gagner la course, mais éviter de la perdre. Rester hors des ennuis, et aux avant-postes, est la meilleure façon de réussir sa course. »

Quant à Askey, sa médaille d'argent de 2023 a été suivie par une 12e place en 2024. Le duo dispose donc de l'expérience et du savoir-faire tactique nécessaires pour jouer à nouveau les premiers rôles ce dimanche. « Je suis en excellente forme en ce moment et je me sens vraiment bien », prolonge le Britannique. « J'ai déjà fini deuxième ici, alors l'objectif est de faire une place de mieux ! Je pense que dans une course comme celle-ci, où tout le monde est à la limite, il est toujours bien d'avoir plusieurs cartes à jouer dans le final. J'espère donc que nous serons dans cette situation dimanche, et que l'un d'entre nous pourra se retrouver dans un petit groupe qui se disputera la victoire au sprint. »

« DIFFÉRENTES POSSIBILITÉS » POUR DÉBLOQUER LE COMPTEUR D’ASTANA

Sixième avec son ancien coureur Cees Bol en 2024, l’équipe XDS Astana vise les premiers rangs ce dimanche. Elle peut compter sur Mike Teunissen, 4e de cette même édition sous les couleurs d’Intermarché-Wanty. La formation aborde l’édition 2026 avec plusieurs cartes en poche, à commencer par Alberto Bettiol, qui a confirmé son excellente forme de fin de saison en prenant la 3e place du Tour du Piémont, jeudi. L’Italien sera épaulé par deux autres spécialistes des classiques, Davide Ballerini et Teunissen, ainsi que par le jeune Alessandro Romele, offrant au directeur sportif Lorenzo Lapage de nombreuses options tactiques. « Nous considérons effectivement Alberto comme une carte importante à jouer. Tout le monde sait ce dont un bon Bettiol est capable. Mais avec Romele et des coureurs comme Teunissen et Ballerini en soutien, nous pouvons dire que nous avons différentes possibilités », introduit-il.

Le Belge souhaite voir ses hommes prendre l’initiative plutôt que de se contenter de réagir aux mouvements de leurs adversaires : « Il sera important de ne jamais se retrouver dans une position défensive, car avoir plusieurs coureurs dans le final permet à l’équipe de rester en position de force. Les gars auront la liberté de réagir aux mouvements. » Avec peu de vent annoncé, Lapage s’attend à ce que la course s’intensifie à l’approche des chemins de vigne, rejoignant l’avis de Cédric Coutouly (voir plus haut) : « Tout le monde sait qu’à partir du kilomètre 145 environ, la course est lancée, avec plusieurs ascensions raides, des passages étroits et à découvert, ainsi que des secteurs de gravel. » Bien positionner ses coureurs avant cette partie de la course sera essentiel si XDS Astana veut débloquer son compteur sur le boulevard Béranger.

UNE SÉRIE FRANÇAISE À PROLONGER SUR PARIS-TOURS ESPOIRS

Jamais deux sans trois pour les Français ? C’est ce que les compatriotes d’Antoine L’Hote (Decathlon CMA CGM) et Maxime Decomble (Groupama-FDJ United), aujourd’hui professionnels, tenteront de démontrer sur les routes de Paris-Tours Espoirs. Voilà deux ans que la course des moins de 23 ans est remportée par des coureurs nationaux – L’Hote en 2024, Decomble en 2025. Pour prolonger la série en 2026, il faudra d’abord vaincre les 181,3 kilomètres reliant Bonneval et Tours, avec neuf côtes et dix chemins de vigne (10,5 km) répartis dans les 69 derniers kilomètres.

Pour se succéder à elle-même, la formation Groupama-FDJ United aligne notamment Victor Loulergue (5e l’an dernier), Johan Blanc ou Esteban Foucher (vice-champion de France espoirs). Quatrième de Paris-Roubaix Espoirs, le Néerlandais Joeri Schaper (Soudal–Quick-Step Devo Team) se mettra en travers de leur route, de même que le champion de Belgique espoirs Duarte Marivoet (Lotto-Groupe Wanty), ou le prodige espagnol Hector Alvarez (Lidl-Trek Future Racing) qui étrenne son nouveau maillot de champion d’Europe espoirs. Invaincue de 2021 à 2023, la Norvège a des cartes à jouer avec, notamment, Kasper Haugland (Decathlon CMA CGM Development Team) et Halvor Dolven (Lotto-Groupe Wanty), troisième de Paris-Tours Espoirs 2024 peu après son titre de champion national. Départ à 11h50, arrivée estimée peu avant 16h00.

Suivez-nous

Recevez les informations exclusives de Paris-Tours